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Pourquoi les interruptions nous font perdre beaucoup plus de temps qu’on ne le pense ?

Un appel, une notification, un collègue qui pose une question… Une interruption ne dure parfois que quelques secondes. Pourtant, son impact sur notre travail peut être bien plus important.


Le véritable problème n’est pas seulement le temps consacré à l’interruption, mais celui nécessaire pour retrouver son niveau de concentration et reprendre exactement là où l’on s’était arrêté. Lorsque ces coupures se multiplient, une journée entière peut rapidement se retrouver fragmentée.


Sommaire


Les interruptions répétées fragmentent notre attention et nous font perdre bien plus que le seul temps consacré à y répondre.
Les interruptions répétées fragmentent notre attention et nous font perdre bien plus que le seul temps consacré à y répondre.

Pourquoi une interruption coûte-t-elle autant de temps ?


Vous rédigez un dossier lorsqu’un message arrive. Vous répondez rapidement, puis revenez à votre document. Le message ne vous a pris que deux minutes, mais vous devez maintenant retrouver votre raisonnement, relire quelques lignes et vous remettre dans la tâche.


C’est là que se trouve le coût caché des interruptions : nous ne reprenons pas toujours immédiatement notre travail au même niveau de concentration. Les recherches de Gloria Mark sur le travail de bureau ont notamment montré que les interruptions peuvent entraîner plusieurs changements d’activité avant le retour à la tâche initiale.


C’est pourquoi mieux gérer son temps au travail ne consiste pas seulement à mieux remplir son agenda. Il faut aussi protéger le temps que l’on avait prévu.

Que se passe-t-il lorsqu’une tâche est interrompue ?


Passer d’une activité à une autre demande un effort mental. Notre attention doit quitter un objectif, se concentrer sur un nouveau, puis revenir au précédent. Les recherches sur le task switching montrent que ces changements ont un coût mesurable sur notre vitesse d’exécution.


Une petite sollicitation peut donc avoir un effet disproportionné lorsqu’elle intervient au milieu d’une tâche qui demande de réfléchir, rédiger, analyser ou prendre une décision.

Interruptions externes… mais aussi internes


Les collègues, appels, e-mails et notifications sont les interruptions les plus visibles. Mais nous nous interrompons également nous-mêmes : vérifier sa messagerie, regarder une notification ou commencer une nouvelle tâche parce qu’elle vient soudainement à l’esprit.


Les travaux de Gloria Mark ont observé ces deux formes de changement d’activité : certaines interruptions viennent de l'environnement, d'autres sont initiées par la personne elle-même.


Protéger son temps passe donc autant par la gestion des sollicitations extérieures que par nos propres habitudes. Cela rejoint également la difficulté à dire non au travail lorsque les demandes des autres prennent systématiquement le dessus sur ce que nous avions prévu.

Comment protéger ses périodes de concentration ?


Il ne s’agit évidemment pas de devenir inaccessible. Certaines tâches nécessitent simplement davantage de continuité que d’autres.


Regrouper la consultation des e-mails, couper les notifications pendant une tâche importante ou réserver certaines plages sans sollicitation permet déjà de limiter la fragmentation. Lorsqu’une autre tâche vous vient à l’esprit, la noter pour plus tard évite également d’abandonner immédiatement ce que vous êtes en train de faire.

Faut-il supprimer toutes les interruptions ?


Non, et ce serait rarement réaliste. Une urgence ou une demande importante mérite parfois de nous interrompre.


L’objectif est plutôt d’éviter que chaque sollicitation devienne automatiquement prioritaire. Une bonne gestion du temps consiste aussi à savoir quand être disponible et quand protéger son attention.


C’est précisément l'intérêt d'une approche comme la Fresque des XIII lois du Temps : prendre conscience de ces mécanismes quotidiens pour retrouver davantage de maîtrise sur son organisation.

Le conseil de votre Formateur / Coach 💬

💡Conseil pratique

Pendant une journée, notez simplement ce qui vous fait quitter une tâche en cours : appel, collègue, notification, e-mail ou envie de faire autre chose. Vous identifierez rapidement les interruptions qui reviennent le plus souvent et sur lesquelles vous pouvez réellement agir.

💡Le saviez-vous ?

Dans une étude menée en situation de travail, Gloria Mark et ses collègues ont constaté que les personnes interrompues pouvaient accélérer leur rythme pour compenser, mais avec davantage de stress, de frustration et de pression temporelle.

olivier servetti
Jean-Jacques Yonnet, Développeur de Talents - Master Coach et Formateur diplômé

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