Pourquoi certaines formations ne changent rien à vos habitudes de communication
- Jean-Jacques Yonnet

- 27 janv.
- 6 min de lecture
Si certaines formations ne changent rien à vos habitudes de communication, ce n’est pas parce qu’elles sont inutiles, ni parce que vous “n’appliquez pas assez”. C’est le plus souvent parce qu’elles restent au niveau de la compréhension intellectuelle, sans toucher aux automatismes profonds qui pilotent réellement nos comportements.
Je rencontre régulièrement des professionnels qui ont suivi plusieurs formations, lu des livres, compris les principes… et qui pourtant se retrouvent, sous pression ou dans le quotidien, à communiquer exactement comme avant. Non par mauvaise volonté, mais parce que comprendre ne suffit pas toujours à transformer.
Sommaire

Comprendre n’est pas changer
Beaucoup de formations reposent sur un principe implicite : si l’on comprend, alors on changera. On explique ce qu’il faudrait faire, comment mieux communiquer, quelles sont les bonnes pratiques. Sur le moment, tout semble clair, logique, parfois même évident.
Le problème, c’est que la communication ne se joue pas uniquement au niveau rationnel.
Dans une situation réelle — une tension, un désaccord, un enjeu émotionnel — ce ne sont pas nos connaissances théoriques qui prennent le dessus, mais nos réflexes habituels. Ceux que nous avons construits au fil des années.
Dans ces moments-là :
on sait ce qu’il faudrait dire, mais on ne le dit pas ;
on comprend le principe, mais on n’arrive pas à l’appliquer sur le moment ;
on retombe dans ses automatismes, parfois à son propre étonnement 😕.
Ces réflexes ne sont pas des erreurs. Ils sont souvent des stratégies d’adaptation qui ont été utiles à un moment donné. Le problème apparaît lorsqu’ils deviennent rigides, automatiques, et qu’ils ne sont plus adaptés aux situations actuelles.
C’est pour cela que l’accumulation de connaissances ne suffit pas. Tant que l’on n’a pas travaillé sur la manière dont on réagit sous pression, face à l’autre ou face à l’enjeu, le changement reste fragile. Il tient tant que le contexte est calme… et disparaît dès que la tension monte ⚠️.
Changer durablement sa communication demande donc plus que de comprendre. Cela implique d’observer ses propres fonctionnements, de les expérimenter autrement, et de créer de nouveaux repères internes — ceux qui permettront d’agir différemment, même quand la situation devient inconfortable.
C’est exactement ce qui explique pourquoi des notions comme l’assertivité restent parfois difficiles à appliquer dans le quotidien professionnel, malgré une bonne compréhension des principes.
Nos habitudes de communication sont souvent automatiques
Dans la majorité des situations professionnelles, nous ne choisissons pas consciemment notre façon de communiquer. Nous réagissons. Le ton que l’on emploie, la posture que l’on adopte, les mots que l’on choisit — ou que l’on évite — tout cela se met en place très rapidement, parfois sans que nous en ayons pleinement conscience.
Ces réactions automatiques sont particulièrement visibles lorsque l’enjeu est élevé : une tension, un désaccord, une pression de délai, un regard hiérarchique. Dans ces moments-là, il ne s’agit plus de “bien faire”, mais de se protéger, souvent de manière réflexe ⚡.
Ces automatismes sont le résultat de plusieurs facteurs :
notre histoire personnelle et professionnelle ;
nos expériences passées, positives comme négatives ;
notre rapport au conflit, à l’autorité, à la reconnaissance ou à l’erreur.
Ils se sont construits progressivement, souvent pour de bonnes raisons. À un moment donné, ils ont permis de s’adapter, de tenir, de préserver la relation ou sa place. Le problème apparaît lorsqu’ils continuent d’agir sans être remis en question, alors que le contexte a changé.
C’est pour cette raison que certaines formations, pourtant pertinentes sur le fond, ne produisent pas les effets attendus. Tant que ces mécanismes restent invisibles, ils continuent de guider la communication, même avec les meilleures intentions.
Prendre conscience de ces automatismes est une étape clé. Non pour les supprimer, mais pour pouvoir reprendre du choix : choisir quand ils sont utiles… et quand il est temps d’expérimenter une autre manière de communiquer, plus adaptée et plus consciente.
Ces automatismes sont particulièrement fréquents chez les personnes qui ont appris à s’adapter en permanence, parfois au point de se sentir trop gentilles au travail.
Pourquoi la bonne volonté ne suffit pas
Beaucoup de personnes repartent d’une formation motivées, convaincues qu’elles vont faire différemment. Puis, quelques semaines plus tard, elles constatent que les anciennes habitudes sont revenues.
Ce n’est pas un manque de volonté. C’est simplement que la volonté agit sur le conscient, alors que les automatismes de communication se déclenchent souvent à un autre niveau. Celui des réflexes, des émotions, des croyances implicites.
Quand la pression monte, on revient presque toujours à ce que l’on connaît déjà.
Le décalage entre ce que l’on sait et ce que l’on fait
C’est l’un des constats les plus fréquents dans mes accompagnements : les personnes savent ce qu’elles devraient faire, mais n’arrivent pas à le faire sur le moment.
Elles ont compris les principes, intégré les notions, parfois même suivi plusieurs formations. Et pourtant, dans une situation réelle — tension, urgence, enjeu émotionnel — ce sont les anciens réflexes qui reprennent le dessus.
Ce décalage peut générer :
de la frustration (« je sais, mais je n’y arrive pas ») 😕 ;
de la culpabilité (« je devrais faire mieux ») ;
parfois même une forme de découragement face aux formations, avec l’impression qu’elles n’apportent pas de changement concret.
Or ce décalage n’est pas un échec. C’est un signal. Le signal qu’un travail plus profond est nécessaire, au-delà de la simple acquisition de concepts. Tant que l’on reste au niveau du savoir, le changement reste fragile et dépend fortement du contexte.
C’est précisément pour répondre à ce type de situation que j’intègre, dans mes formations en PNL, un travail centré sur les automatismes de communication et les réactions sous pression. L’objectif n’est pas d’en apprendre davantage, mais de créer des expériences qui permettent de faire autrement sur le moment, là où tout se joue réellement.
Lorsque ce travail est engagé, le décalage entre ce que l’on sait et ce que l’on fait commence à se réduire. Les nouvelles façons de communiquer deviennent plus accessibles, plus naturelles, et surtout plus durables dans le quotidien professionnel.
Ce qui permet réellement de faire évoluer sa communication
Pour que la communication change durablement, il ne suffit pas d’ajouter des connaissances. Il faut travailler sur les mécanismes internes : la perception, les réactions automatiques, la façon dont une situation est interprétée.
C’est dans cette logique que s’inscrivent les approches expérientielles, comme la PNL, qui permettent de :
mieux comprendre ses propres fonctionnements ;
expérimenter de nouvelles façons de réagir ;
ancrer des changements concrets dans des situations réelles.
L’objectif n’est pas de “bien communiquer” selon un modèle idéal, mais de développer une communication plus consciente, plus choisie, et plus alignée avec son contexte professionnel.
Conclusion : apprendre autrement pour changer durablement
Si certaines formations ne produisent pas les effets attendus, ce n’est pas parce qu’apprendre est inutile. C’est parce que changer ses habitudes de communication demande autre chose que de la théorie.
C’est précisément ce que je travaille dans mes formations en PNL et en communication : aller au-delà du savoir, pour permettre une véritable évolution des automatismes relationnels. Non pas en appliquant des recettes, mais en développant une meilleure compréhension de soi et des autres, au service d’une communication plus fluide, plus efficace et plus apaisée dans le quotidien professionnel.
Le conseil de votre Formateur / Coach 💬
💡Conseil pratique
Plutôt que de chercher à tout changer d’un coup, observez une seule situation récurrente dans laquelle vous savez ce qu’il faudrait faire… mais où vous n’y arrivez pas encore. Prenez le temps d’identifier ce qui se déclenche sur le moment (émotion, tension, automatisme). C’est souvent à cet endroit précis que le vrai levier de changement se situe.
💡Le saviez-vous ?
Les recherches en psychologie de l’apprentissage montrent que les comportements automatisés résistent fortement au changement lorsqu’ils ne sont abordés que par la compréhension intellectuelle. Les approches expérientielles, qui font vivre des situations concrètes, permettent en revanche d’ancrer des changements plus durables dans le temps.




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