Qu’est-ce que l’assertivité en communication ?
- Jean-Jacques Yonnet

- 25 janv.
- 7 min de lecture
L’assertivité, c’est la capacité à exprimer ce que l’on pense, ce que l’on ressent et ce dont on a besoin, de manière claire, respectueuse et assumée, sans écraser l’autre… ni s’effacer soi-même.
Dans mon travail d’accompagnement et de formation, je constate que l’assertivité est souvent mal comprise. Beaucoup l’associent à une forme de dureté, d’autorité, voire de confrontation. D’autres pensent au contraire qu’être assertif, ce n’est pas pour eux, parce qu’ils se jugent trop gentils ou trop empathiques. En réalité, l’assertivité n’est ni un trait de caractère, ni une posture figée : c’est une compétence de communication qui s’apprend et se travaille.
Sommaire

Qu’est-ce que l’assertivité, concrètement ?
Être assertif, ce n’est pas « dire tout ce qui nous passe par la tête », ni imposer son point de vue coûte que coûte. C’est oser s’exprimer avec clarté, tout en respectant son interlocuteur et la relation. Autrement dit, c’est trouver un équilibre entre ce que je veux dire et la manière dont je le dis.
Dans la pratique, une communication assertive repose sur trois piliers fondamentaux :
Je respecte mes besoins, mes limites et mes valeurs.
Cela signifie que je prends en compte ce qui est important pour moi, sans minimiser ni nier mes ressentis. Je reconnais mes limites et j’accepte qu’elles soient légitimes.
Je respecte ceux de l’autre.
Être assertif ne consiste pas à convaincre ou à dominer, mais à considérer l’autre comme un interlocuteur à part entière, avec ses propres contraintes, émotions et points de vue.
Je cherche une relation équilibrée, pas un rapport de force.
L’objectif n’est pas de gagner, mais de construire un échange clair et sain, dans lequel chacun peut s’exprimer sans se sentir écrasé ou mis à l’écart.
L’assertivité permet ainsi de sortir de deux extrêmes très courants en communication professionnelle : se taire pour éviter le conflit, quitte à accumuler frustration et non-dits, ou à l’inverse s’imposer de manière brutale lorsque la tension devient trop forte. Dans les deux cas, la relation finit par en pâtir.
Adopter une posture assertive, c’est donc accepter de prendre sa place dans l’échange, sans se justifier excessivement, sans attaquer, et sans renoncer à soi. C’est une manière de communiquer plus consciente, plus posée, et souvent beaucoup plus efficace sur le long terme.
Cette capacité à mieux se connaître et à ajuster sa communication fait écho à certains principes issus de la Programmation Neuro-Linguistique, que je détaille plus largement dans cet article.
Assertivité, passivité et agressivité : ne plus les confondre
Dans la pratique, j’observe très souvent trois grands styles de communication. Ils ne sont ni bons ni mauvais en soi, mais chacun a des conséquences très différentes sur la relation et sur le climat de travail.
🟡 La communication passive
Dans une communication passive, on n’ose pas dire les choses. On minimise, on évite le désaccord, on s’adapte en permanence aux attentes des autres. Sur le moment, cela peut sembler plus confortable : on évite le conflit, on “arrondit les angles”. Mais à long terme, cette posture a un coût. Elle génère souvent de la frustration, de la fatigue, et parfois un sentiment d’injustice ou de ressentiment 😕. Les non-dits s’accumulent, jusqu’au point de rupture.
🔴 La communication agressive
À l’inverse, la communication agressive cherche à imposer un point de vue. On coupe la parole, on élève le ton, on veut avoir raison à tout prix.Le message passe parfois plus vite, c’est vrai. Mais il passe au détriment de la relation. Cette posture crée de la résistance, de la peur ou de la défiance, et fragilise durablement la confiance ⚠️.
🟢 La communication assertive
La communication assertive permet de sortir de cette opposition. Elle consiste à exprimer clairement son point de vue, ses besoins ou ses limites, sans attaquer l’autre ni se justifier excessivement. Le cadre est posé, les choses sont dites, et la relation reste respectée. C’est une posture qui demande de la présence, de la clarté et un certain courage, mais qui crée des échanges plus sains et plus efficaces sur le long terme 🤝.
Pourquoi l’assertivité est souvent mal interprétée
Si l’assertivité est si difficile à adopter, ce n’est pas par manque de bonne volonté ou de compétences. C’est souvent parce qu’elle vient toucher à des croyances profondes, parfois installées depuis longtemps, et rarement remises en question.
Beaucoup de personnes ont appris, consciemment ou non, que :
dire non est impoli ou blessant ;
poser des limites revient à être égoïste ;
s’affirmer crée inévitablement des tensions ou des conflits.
Ces croyances influencent fortement la manière dont nous communiquons au quotidien. Elles nous poussent à nous adapter en permanence, à éviter certains sujets, ou à contourner ce que nous aimerions réellement exprimer. Sur le moment, cela semble plus simple. Mais à long terme, cette stratégie a un coût : perte de clarté, fatigue relationnelle, frustration silencieuse.
Dans mes accompagnements, je constate à quel point ces schémas conditionnent la communication professionnelle. Tant que ces croyances ne sont pas identifiées et questionnées, adopter une posture assertive devient très difficile à tenir dans la durée. On essaie, on s’y met un temps, puis on revient rapidement à ses automatismes.
Comprendre ces mécanismes est une étape essentielle. Non pas pour se juger, mais pour reprendre du choix dans sa manière de communiquer. C’est souvent à partir de cette prise de conscience que l’assertivité cesse d’être perçue comme un risque… pour devenir un véritable levier de relations plus saines et plus équilibrées.
En gestion de projet, cette capacité à poser un cadre clair sans détériorer la relation est souvent déterminante, comme je l’observe régulièrement dans mes accompagnements.
Assertivité et gentillesse : un faux dilemme
C’est une confusion extrêmement fréquente. Beaucoup de personnes pensent qu’être assertif revient à devenir froid, dur ou distant. Comme si poser un cadre ou exprimer un désaccord impliquait forcément de renoncer à sa gentillesse. Dans la réalité, c’est souvent l’inverse qui se produit.
L’assertivité permet justement de rester authentiquement bienveillant, sans s’oublier. Elle évite de dire oui quand on pense non, de faire semblant d’être d’accord pour préserver une harmonie de façade, ou de se taire par peur de décevoir. En ce sens, l’assertivité protège autant la relation que la personne qui s’exprime.
La gentillesse devient problématique lorsqu’elle empêche de dire les choses importantes, de poser un cadre clair ou de protéger ses limites. Elle peut alors mener à des situations floues, à des malentendus, voire à une forme de lassitude relationnelle. Ce n’est pas la gentillesse en elle-même qui pose problème, mais le fait qu’elle ne soit pas accompagnée de clarté.
Lorsqu’elle est alignée avec l’assertivité, la gentillesse change de nature. Elle n’est plus une adaptation permanente à l’autre, mais une qualité relationnelle consciente, au service d’échanges plus justes, plus équilibrés et plus durables.
Pourquoi l’assertivité est essentielle au travail
Dans le contexte professionnel, l’assertivité est loin d’être un simple « plus ». C’est une compétence clé, souvent sous-estimée, mais déterminante pour la qualité des relations et l’efficacité collective. Que ce soit en management, en gestion de projet ou en formation, une communication assertive permet de poser un cadre clair sans détériorer la relation.
Concrètement, l’assertivité joue un rôle central pour :
Clarifier les attentes et les rôles 🧭Dire clairement ce qui est attendu, ce qui ne l’est pas, et qui fait quoi évite de nombreux malentendus. Une communication assertive permet de poser ces éléments sans rigidité ni flou.
Prévenir les tensions et les non-dits ⚠️Beaucoup de conflits naissent de ce qui n’a pas été exprimé à temps. L’assertivité aide à aborder les sujets sensibles avant qu’ils ne deviennent des problèmes relationnels.
Donner un feedback constructif 💬Exprimer un retour, positif ou correctif, sans attaquer ni culpabiliser demande une vraie posture assertive. Le message est plus facilement entendu et mieux intégré.
Prendre des décisions sans abîmer la relation 🤝Décider, arbitrer ou recadrer fait partie du quotidien professionnel. L’assertivité permet de le faire avec fermeté, tout en respectant les personnes concernées.
Dans mon expérience, les difficultés relationnelles au travail ne viennent que rarement d’un manque de compétences techniques. Elles sont bien plus souvent liées à un manque de clarté dans la communication. On suppose, on évite, on laisse passer… jusqu’à ce que la situation se tende.
L’assertivité permet justement de remettre cette clarté au centre des échanges. Elle crée un cadre plus sécurisant, dans lequel chacun sait où il se situe, ce qui est attendu, et ce qui peut être dit. C’est souvent à ce prix que la collaboration devient plus fluide, plus efficace et plus durable.
Peut-on apprendre à être assertif ?
Oui, clairement. L’assertivité n’est pas innée. Elle s’apprend, se teste, s’ajuste. Elle demande surtout de mieux se connaître, de comprendre ses automatismes de communication et d’expérimenter de nouvelles façons de s’exprimer.
C’est précisément ce que je travaille dans mes formations et accompagnements. Plutôt que des recettes toutes faites, j’y propose des repères concrets, des mises en situation et des outils issus notamment de la PNL et de la communication interpersonnelle, pour aider chacun à développer une assertivité qui lui ressemble. L’objectif n’est pas de “jouer un rôle”, mais de trouver une posture juste, alignée avec ses valeurs et son contexte professionnel.
C’est un travail progressif, parfois inconfortable au début, mais profondément libérateur. À mesure que l’assertivité s’installe, la communication devient plus fluide, plus simple et souvent plus apaisée — pour soi comme pour les autres.
Le conseil de votre Formateur / Coach 💬
💡Conseil pratique
Commencez par de petites situations du quotidien. L’assertivité ne se travaille pas d’abord dans les grands moments de tension, mais dans les échanges simples : poser une limite sur un délai, demander une clarification, exprimer un désaccord mineur. Plus ces micro-situations sont travaillées consciemment, plus l’assertivité devient naturelle lorsque l’enjeu est plus élevé.
💡Le saviez-vous ?
De nombreuses études en psychologie de la communication montrent que les messages assertifs sont mieux perçus et mieux mémorisés que les messages passifs ou agressifs, car ils réduisent la charge émotionnelle inutile dans l’échange. Autrement dit, être assertif ne facilite pas seulement la relation : cela améliore aussi la compréhension et l’efficacité du message.





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